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Mentors afghans

Le Capt Henderson et son homologue de l’ANA, le Capt Ali, travaille près de Senjaray, à Kandahar, dans le cadre d’une opération pour assurer la sécurité de l’autoroute 1, à l’ouest de Kandahar.

Le Capt Henderson et son homologue de l’ANA, le Capt Ali, travaille près de Senjaray, à Kandahar, dans le cadre d’une opération pour assurer la sécurité de l’autoroute 1, à l’ouest de Kandahar.

Capitaine Rhys Henderson

Combattre l’insurrection avec une armée récemment mis sur pied dans un pays en développement n’est pas chose facile. Il y a certainement un grand écart entre où nous voulons que l’Armée nationale afghane soit et où elle se trouve. La récente augmentation de ressources affectées à l’Afghanistan aide certainement, mais une des conséquences principales de trois décennies de guerre est le recul en éducation et en litératie; des facteurs qui touchent directement la capacité d’entraînement et d’éducation d’une force armée du 21e siècle. Les lacunes en connaissances peuvent être perçues chaque jour, lors du mentorat de l’ANA. Le mouvement vers la stabilité et la sécurité ne surviendra pas du jour au lendemain. La patience est aussi cruciale que l’ANA l’est pour cette tâche.

Il s’agit de ma deuxième période d’affectation à titre de mentor de l’ANA. L’an dernier, j’ai occupé un poste de mentor dans un district tout près. Cette année, je me trouve à nouveau à l’ouest de Kandahar, mais il y a plus des forces de la FIAS sur le terrain. Les compétences tactiques de l’ANA se développent bien. Les militaires sont bien conscients de la manière de traiter les engins explosifs de circonstance (IED) et ont une bonne réaction lors d’un contact avec l’ennemi. Cependant, certains enjeux de mentorat ne peuvent être réglés immédiatement : la litératie, par exemple. Nous tenons pour acquis que les membres des Forces canadiennes savent lire. Cependant, l’absence importante de litératie au sein des membres de l’ANA nuit à tout, des enjeux de logistiques complexes à la lecture de nuit du journal de quart des gardes.

Comment peut-on combler cette lacune? En tant que mentor, je me pose continuellement cette question. La plupart du temps, mon équipe offre à l’ANA des capacités de limitation des dégâts. Par exemple, nous offrons un entraînement médical à nos membres de l’ANA, mais il ne peut pas être trop intensif ou technique. Mon infirmer d’équipe se bat quotidiennement pour pousser les infirmiers de l’ANA à participer. L’entraînement contre les IED demande une préparation délibérée et du matériel didactique réaliste pour que les militaires de l’ANA établissent un lien entre les mesures prises lors d’un exercice à l’IED et ce qu’ils voient réellement survenir sur l’autoroute no 1. Essentiellement, je dois comprendre et visualiser la façon dont les militaires afghans voient les choses et les entraîner en conséquence. De plus, je dois leur apprendre comment combattre une insurrection complexe avec des ressources limitées. Pour y parvenir, je dois ajuster mon cadre de référence et m’efforcer à voir les choses au travers de yeux afghans – tout un ajustement et tout une leçon.

Peu importe les défis, de nombreux militaires considèrent être mentor comme le meilleur emploi.

Dans notre secteur des opérations, nous avons un milieu international où collaborent Afghans, Canadiens et Américains. Nous nous appuyons les uns les autres et transférons les compétences d’un secteur pour pallier les faiblesses ailleurs. Il survient beaucoup de friction lors de la mise sur pied d’une patrouille interarmées où les trois pays sont impliqués, mais le résultat en vaut la peine. Les membres de l’ANA sont tout particulièrement bons pour traiter avec les civils de façon courtoise et appropriée sur le plan culturel. Tous les partenaires de la coalition en bénéficient.

L’état final des opérations de mentorat et celles interarmées demeure le même : que l’ANA puisse effectuer et appuyer des opérations indépendantes. Il ne surviendra pas du jour au lendemain, mais  je crois que les choses vont bon train. Il me tarde de continuer mon affectation avec les membres de l’ANA.