Un officier de la Police nationale afghane effectue une patrouille de sécurité.
Un officier de la Police nationale afghane qui travaille avec un policier mentor, le Gendarme Gregor Aitken du détachement de la GRC de Surrey (C.-B.), discute avec des citoyens de Kandahar en attendant que le camion de l’officier de police afghan soit réparé.
Des militaires de l’Armée nationale afghane en patrouille.
Par le Capitaine Jennifer Kellerman
En 2004, trois ans après la chute des talibans, l’Afghanistan a tenu ses premières élections présidentielles. Un président a été élu, et le succès du processus a mis les efforts des talibans dans l’embarras. Cinq ans plus tard, l’Afghanistan s’est grandement amélioré, et ce, par le biais d’un gouvernement reconnu et de sa propre commission électorale indépendante. Les élections de cette année, qui ont eu lieu le 20 août 2009, étaient les premières planifiées sous l’autorité unique du gouvernement de la République islamiste d’Afghanistan.
L’organisation d’élections dans un pays dont l’électricité est intermittente, qui possède peu d’expérience en termes de démocratie et où la situation de sécurité est terrible n’est pas chose facile. Le Brigadier-général Jonathan Vance, commandant de la Force opérationnelle interarmées - Afghanistan, a reconnu ces difficultés au cours d’une récente entrevue. « Essayer de tenir des élections en plein conflit est un défi pour tout pays, mentionne-t-il. Il s’agit d’une nouvelle démocratie, d’une nouvelle armée et d’une nouvelle force policière. Il s’agit aussi d’un environnement menacé. »
Le gouvernement afghan, la commission électorale indépendante, les forces de sécurité nationale afghanes (Armée nationale afghane et Police nationale afghane) ainsi que les Afghans peuvent tous être fiers des efforts déployés pour s’assurer d’un processus démocratique sécuritaire et juste. Étant déterminé à choisir démocratiquement leur gouvernement, ils ont planifié et organisé les élections, mis sur pied les bureaux de vote et remis les bulletins de vote. Ils ont aussi assuré la sécurité avec le soutien de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS).
La force opérationnelle canadienne dans la province de Kandahar ainsi que toute la FIAS ont joué un rôle de soutien au cours des récents mois, mais aussi assuré sur demande un soutien direct à la préparation des élections. En plus des patrouilles d’infrastructures et des opérations, les unités de manœuvre de la Force opérationnelle – Kandahar, soit le groupement tactique du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment et le 1er Bataillon, 12e Régiment d’infanterie de l’armée américaine, ont mené une campagne estivale pour localiser et détruire les fabriques d’IED et les caches d’armes des insurgés ainsi que pour disloquer leurs réseaux de commandement et contrôle afin de nuire à leur capacité à attaquer les civils le jour des élections. Les militaires canadiens et les policiers civils de l’équipe de reconstruction provinciale de Kandahar ont donné de l’instruction à 250 officiers de la Police nationale afghane (PNA), la plupart ayant assuré la sécurité des bureaux de vote à Kandahar. L’équipe de liaison et de mentorat opérationnel continue son travail auprès de la 1re Brigade du 205e Corps, dont les membres deviennent de plus en plus professionnels. Il s’agit de la composante de l’Armée nationale afghane (ANA) déployée dans la province de Kandahar.
Comment est-ce que tout se déroulerait le jour des élections? La force opérationnelle du Canada a fait son possible pour aider tandis que les Afghans se chargeaient du processus. Le 20 août, les forces de sécurité nationale afghanes ont pris l’initiative et la Force opérationnelle – Kandahar est devenue une force de sécurité de troisième ligne, hors de vue du public, mais prête à aider sur demande. Les membres de la PNA et de l’ANA étaient prêts à protéger leurs concitoyens afghans de tout danger pouvant survenir.
Avant même la journée des élections, le chef des opérations de la Force opérationnelle – Kandahar, le Lieutenant-colonel Mike Patrick, estimait déjà qu’il s’agissait d’un succès d’un point de vue organisationnel : « L’énorme travail effectué au cours de la phase de planification par la commission électorale indépendante a permis aux forces de sécurité nationale afghanes d’élaborer un plan de sécurité fonctionnel. On donnera suite aux actes insurgés de façon appropriée lors de cette journée. Il ne reste plus à la population qu’à exercer ses droits démocratiques », explique-t-il.
Les Afghans, leur gouvernement et les forces de sécurité ont démontré que le processus démocratique est une composante importante pour reconstruire le pays et garantir la sécurité interne. En soi, il s’agit d’un pas de géant qui ne peut passer inaperçu. Peu importe le résultat des élections, les efforts des Afghans dans le chaos et l’incertitude font état d’une grande volonté pour assurer un meilleur avenir.
Le Capt Jennifer Kellerman est un officier des affaires publiques en déploiement au quartier général de la Force opérationnelle interarmées - Afghanistan.