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Désarmement, Démobilisation et Réintégration au Soudan

Par le Major Eric Grehan

Depuis la gauche : Capt Rajeh du Yémen (debout), Capf Ye de la Chine, un assistant linguistique de l’ONU, et le Maj Eric Grehan du Canada travaillent sur la documentation pour les candidats au DDR.

Depuis la gauche : Capt Rajeh du Yémen (debout), Capf Ye de la Chine, un assistant linguistique de l’ONU, et le Maj Eric Grehan du Canada travaillent sur la documentation pour les candidats au DDR.

Le Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) est un programme conçu pour hâter la normalisation d’une société déchirée par la guerre. Le DDR débute avec un règlement de paix incluant toutes les parties du conflit et une volonté partagée de désarmer et de réintégrer tous les combattants dans la société civile. Les soldats arrivent à un site de DDR où ils remettent leurs armes et uniformes à des observateurs neutres. Ils passent ensuite par un programme d’endoctrinement où ils obtiennent les ingrédients essentiels d’une nouvelle vie : nourriture, équipement ménager, un peu d’argent et, idéalement, un emploi.

Au Soudan, le DDR devait débuter en 2005, immédiatement après la signature de l’Accord complet de paix, mais la planification a pris plus de trois ans.

La mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) conduit son programme pilote de DDR à Ed Damazin, dans l’État du Nil bleu. Le processus exige la participation de représentants des diverses forces militaires et de l’Équipe militaire interarmées de l’ONU : un groupe composé d’un minimum de trois observateurs militaires des Nations Unies (OMNU) dont au moins un membre doit parler arabe. L’Équipe militaire interarmées de l’ONU est responsable de valider toutes les candidatures présentées afin d’être traitées et pour s’assurer que leur documentation est en ordre et acceptable.

Chaque jour, la Commission DDR interarmées de l’État du Nil bleu envoie une liste d’environ 55 candidats au centre de DDR et les OMNU de l’Équipe militaire interarmées assemblent la documentation dont chaque candidat a besoin pour passer par le processus de DDR le jour suivant. Obtenir la préparation des papiers prend plus de deux heures et les OMNU doivent d’abord conférer avec leur interprète pour s’assurer que les noms rédigés en arabe sont correctement transcrits dans l’alphabet anglais et ensuite préparer plusieurs formulaires pour chaque candidat. Les formulaires sont destinés à capturer – entre autres données – le grade, la date de naissance, l’affiliation militaire, le numéro d’identification militaire et la date de libération du soldat. L’ONU exige des données spécifiques sur les combattants féminins de sorte qu’il y a un formulaire séparé pour les femmes.

Les OMNU de l’équipe militaire interarmées quittent le camp de l’ONU à sept heures chaque matin et conduisent vers la zone de rassemblement à Damazin où le travaille débute à sept heures trente. Avec l’aide de l’assistant linguistique, ils expliquent le processus de DDR aux candidats.  Par la suite et lorsque leurs noms sont appelés, les soldats doivent se présenter eux-mêmes au représentant de l’armée dans laquelle ils servaient et ensuite venir à la table pour faire vérifier leur information par les membres de l’Équipe militaire interarmées de l’ONU. Après avoir signé un formulaire de « Responsabilité de transport » et le manifeste de transport, ils reçoivent un laissez-passer d’embarquement pour les camions de l’armée pakistanaise qui les conduiront au Centre de DDR. La Protection de la Force de la MINUS est fournie par l’armée pakistanaise et la police soudanaise locale.  Elle est présente dans la zone de rassemblement et tous les candidats sont informés qu’ils ne peuvent avoir aucune arme en leur possession pendant le processus de DDR.

L’accord complet de paix a été signé en 2005 et, après quatre ans, la MINUS assume que tous les candidats au DDR sont dès lors intégrés dans la société civile au mieux de leurs capacités. Par conséquent, ce programme de DDR est similaire à une trousse de libération tardive pour les anciens combattants et en fait plusieurs candidats sont suffisamment vieux pour prendre leur retraite.

Les candidates tendent à être beaucoup plus jeunes et ne sont pas requises de prouver un statut militaire complet – elles n’ont besoin que de prouver qu’elles étaient « associées » à un groupe armé. Les femmes arrivent avec un certificat imprimé en noir et blanc sur du papier ordinaire, estampillé du 10 février 2009, la date où le programme de DDR a débuté dans l’État du Nil bleu. Elles n’ont normalement pas d’autre forme d’identification et aucun de leurs documents n’exige une photo.

En moyenne, l’équipe militaire interarmées réussie à traiter plus de 50 personnes chaque jour et ce avant neuf heures trente le matin.  Lorsque les camions quittent la zone de rassemblement pour le Centre de DDR, à ce moment, les candidats passent par une journée complète d’endoctrinement sous le chaud soleil soudanais. En plus des diverses présentations, ils subissent un examen médical, un test de VIH et reçoivent une « trousse de démobilisation » comprenant des denrées de consommation courante tel que du riz et de l’huile à cuisson, des couvertures, une moustiquaire, une radio à manivelle, une lampe de poche, du tissu pour faire des vêtements et 800£ soudanaises. En tout, les biens et l’argent totalisent environ
1 000 $ en argent canadien.

Membre de l’état-major de l’École d’études aérospatiales des Forces canadiennes à la 17e Escadre Winnipeg, le Maj Eric Grehan est actuellement déployé au Soudan comme Observateur militaire des Nations Unies.