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Ce n'est jamais trop tard : Une entrevue avec le Maj Rod Long

Kaboul, Afghanistan; 9 mars 2008 — Le Général Dan K. McNeil, commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité (avant-plan droit) félicite le Major Rod Long pour service rendu lors de la visite des représentants du Conseil de l’Atlantique du Nord, du 19 au 21 février 2008.

Kaboul, Afghanistan; 9 mars 2008 — Le Général Dan K. McNeil, commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité (avant-plan droit) félicite le Major Rod Long pour service rendu lors de la visite des représentants du Conseil de l’Atlantique du Nord, du 19 au 21 février 2008.

Kaboul, Afghanistan; 18 mars 2008 — Le Maj Rod Long (à gauche) avec le Gén Rick Hillier, Chef d’état-major de la Défense, et le Sgt Randy Quilty

Kaboul, Afghanistan; 18 mars 2008 — Le Maj Rod Long (à gauche) avec le Gén Rick Hillier, Chef d’état-major de la Défense, et le Sgt Randy Quilty

Des membres du Conseil de l’Atlantique nord, escorté par le Major Rod Long, s’entretiennent avec un afghan.

Des membres du Conseil de l’Atlantique nord, escorté par le Major Rod Long, s’entretiennent avec un afghan.

Le Major Rod Long, commandant de l’Escadrille de la Réserve aérienne Torbay, a quitté sa famille le lendemain de Noël 2007, sachant qu’il ne les reverrait pas pendant au moins sept mois. Il avait été désigné pour un déploiement en Afghanistan, duquel il est revenu en juillet 2008.  À l’époque, le Maj Long avait 60 an et  était, semble-t-il, le membre le plus agé de la Force aérienne à être envoyé en mission outre-mer depuis la Deuxième Guerre mondiale. Il discute de son expérience avec Stela Susic des Affaires publiques de la Force aérienne.

AP Air : Vous êtes réserviste et, par conséquent, vous ne pouvez pas être affecté à un déploiement en Afghanistan sans votre consentement. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous porter volontaire?

Maj Long : Je voulais y aller pour que mes petits-enfants n’aient pas à y aller… Je voulais marquer mon passage, faire ma part.  Je voulais vraiment expérimenter l’Afghanistan pour que, je l’espère, un autre membre n’ait pas à y aller pour une deuxième ou une troisième fois. Je croyais que si je prenais ma retraite sans le faire, je le regretterai plus tard. Nous recevons continuellement des message de mission à l’unité. Je les lis et je dois essayer de convaincre des membres d’y aller. C’est difficile quand on ne peut pas le faire soi-même.

AP Air : Le terrain en Afghanistan est est demandant. Étiez-vous inquiet à propos de votre condition physique?

Maj Long : Lorsque vous vous préparez, il y a toujours un doute. « Tous ces soldats ont 20, 25 ans. » Toutefois, j’ai réussi le test d’aptitude physique au combat; l’âge n’a pas été un facteur. La plus grande satisfaction du travail là-bas fut qu’un vieil homme peut ressentir de la fierté du fait qu’il se traîne partout en Afghanistan avec de jeunes gens et qu’il suit le rythme.

AP Air : Quel poste occupiez-vous là-bas?

Maj Long : J’étais officier d’accompagnement basé à Kaboul. Il s’agissait d’un poste au sein de l’OTAN. Mon travail consistait à m’occuper des visiteurs de très haute importance; du personnel militaire de niveau minimum des généraux « trois étoiles », l’équivalent civil ainsi que  toute personne désirant visiter l’Afghanistan pour quelque raison que se soit,tel les médias. Je prenais toutes les dispositions nécessaires et déterminais les niveaux de risques.

AP Air : Comment se déroulait votre journée typique?

Maj Long : Vous vous levez à 5 h 30 ou à 6 h. Vous travaillez de 15 à 16 heures par jour. Habituellement, il y avait un breffage de niveau élevé au sujet des événements survenus au cours des dernières 24 heures. Après cela, il y avait les réunions régulières. Si nous avions des visiteurs, je devais me renseigner sur les routes fermées et prendre les dispositions pour le passage des convois. Nous avions parfois besoin d’escortes hélico- portées. Une journée normale comprenait une base de la planification, la prise de nouvelles et l’établissement de contacts.

AP Air : Comment était la vie là-bas et l’interaction avec les Afghans?

Maj Long : De façon générale, les Afghans sont heureux de nous voir. Ils sont très pauvres; beaucoup de personnes gagnent très peu d’argent. Ils travaillent autour de la base. Rien n’est gaspillé. Ils r’apportaient avec eux toutes les boîtes de carton à la fin de la journée, car la plupart de choses qu’ils peuvent brûler dans leur maison sont les ordures. Par conséquent, la ville dégage une certaine odeur. Quand on se réveille, il fait froid surtout au mois de février, on prend une grande respiration et on commence à tousser parce qu’ils brûlent tout, même du plastique — tout ce qui peut nourrir un feu pour les réchauffer. Il y a beaucoup d’histoires qui ne sont pas racontées à propos du bétail, ainsi que des gens, qui meurent de froid. Aucun emploi réel n’a été créé pour le peuple, aucune usine, aucune industrie manufacturière. Il n’y a pas d’économie à grande échelle, ils gagnent leur vie comme ils le peuvent.

AP Air : Quelle est votre expérience la plus inoubliable en Afghanistan?

Maj Long : Je ne peux pas en désigner une. Au cours de mes derniers jours outre-mer, il y a eu un attentat à la bombe. Je faisais mes valises lorsque l’ambassade de l’Inde a été attaquée, ce matin là. Je me souviens avoir regardé autour de moi; personne dans le camp n’a réagi – comme si rien ne s’était passé. J’ai même pensé que ce n’était rien. Toutefois, la chose fondamentale dont on se souvient est lorsqu’on met les pieds en Afghanistan pour la première fois. Le monde est différent de tout ce qu’on a connu avant; son odeur est différente, son apparence est différente. Bien sûr, tout est beige; il n’y a pas de couleur. Tout est recouvert de poussière, peu importe de quoi il s’agit. Je déballe ma trousse et vois cette poussière beige qui sort de partout. Mes bottes étaient de couleur havane, mais elles sont maintenant beiges. C’est ce que je me souviens le mieux de mon affectation.

AP Air : Le fait d’être loin de votre famille a dû être difficile pour vous.

Maj Long: Oui. J’avais vraiment hâte de revenir. Un sentiment de devoir accompli m’a aidé à retourner à la vie normale. Je voulais prendre au moins six mois après la période de service pour me détendre et m’assurer que nous avions un bon roulement ici pour la personne qui me remplacerait. Je suis prêt à partir pour passer du temps avec ma famille.