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Le Ville de Québec accomplit sa mission : le premier chargement de nourriture sous escorte canadienne arrive en Somalie

Par le Capitaine de frégate Chris Dickinson

Une embarcation pneumatique à coque rigide du NCSM Ville de Québec transporte du personnel entre le navire de guerre et le vraquier Abdul Rahman. Le Ville de Québec escorte le navire marchand et sa cargaison de moulée de maïs et de soja envoyée par le Programme alimentaire mondial de Mombasa, au Kenya, à Mogadiscio, en Somalie.

Une embarcation pneumatique à coque rigide du NCSM Ville de Québec transporte du personnel entre le navire de guerre et le vraquier Abdul Rahman. Le Ville de Québec escorte le navire marchand et sa cargaison de moulée de maïs et de soja envoyée par le Programme alimentaire mondial de Mombasa, au Kenya, à Mogadiscio, en Somalie.

Le vraquier Abdul Rahman arrive à bon port chargé de plus de 5 400 tonnes de moulée de maïs et de soja envoyées par le Programme alimentaire mondial aux habitants de la Somalie, accablés par la famine. Le NCSM Ville de Québec a escorté l’Abdul Rahman de Mombasa, au Kenya, à travers les eaux infestées de pirates du golfe d’Aden.

Le vraquier Abdul Rahman arrive à bon port chargé de plus de 5 400 tonnes de moulée de maïs et de soja envoyées par le Programme alimentaire mondial aux habitants de la Somalie, accablés par la famine. Le NCSM Ville de Québec a escorté l’Abdul Rahman de Mombasa, au Kenya, à travers les eaux infestées de pirates du golfe d’Aden.

Mogadiscio, Somalie; le 24 août 2008 — Il est très rare de pouvoir faire quelque chose de concret, de spécial et par le fait même d’avoir un impact positif dans un monde rempli de haine et de conflit. Le matin du 24 août 2008, l’équipage du NCSM Ville de Québec a eu cette opportunité en accompagnant l’Abdul Rahman, un navire d’approvisionnement du Programme alimentaire mondial, dans le port de Mogadiscio, en Somalie, ville déchirée par la guerre. L’Abdul Rahman transportait 5 407 tonnes de nourriture dans un pays qui a souffert terriblement de la guerre civile et de la famine.

Il s’agissait de la première de plusieurs missions d’escorte que le Ville de Québec accomplira au cours des prochaines semaines afin de faire en sorte que de la nourriture tant attendu se rende aux centaines de milliers de gens affamés.

En regardant la façade portuaire dévastée de Mogadiscio, j’imaginais comment nos prédécesseurs de la Marine canadienne se sentaient alors qu’ils arrivaient dans Liverpool en flammes après avoir guidé leurs convois à travers l’Atlantique infesté  de U-boot à l’affût. Les temps ont bien changé, et les U-boot ont été remplacés par les pirates à titre de principale menace maritime. Dans la dernière étape de notre escorte, ce sont les seigneurs de la guerre et les terroristes sur la terre ferme, qui ont personnifié cette menace.  Ils croient que le seul moyen de prendre le contrôle d’un pays est de détruire l’infrastructure qui lui permet d’être dirigé par un gouvernement organisé.

Certains diront que la protection des voies maritimes contre les pirates n’est pas une tâche pour une force maritime dispendieuse, et que peut-être une autre solution à ce problème sera découverte un jour (par exemple, les compagnies maritimes pourront peut-être engager des entreprises de sécurité pour protéger leurs navires). Considérant que 85 pour cent du commerce international est transporté par voies maritimes, la menace que représente la piraterie, activité clairement profitable et en pleine expansion, doit être traitée sérieusement dans le contexte de la sécurité internationale.

Une bonne réponse, à court terme, à cette menace est la création, par une coalition maritime internationale, d’un secteur de patrouille de sécurité maritime dans le golfe d’Aden, où la piraterie va en s’empirant depuis quelques années. Fait intéressant, cette mission est dirigée par un canadien, le Commodore Bob Davidson, commandant de la flotte de coalition connue sous le nom de Force opérationnelle interalliée 150.  Cette flotte compte trois navires de guerre canadiens : l’Iroquois, le Protecteur et le Calgary.

Au cours de ma carrière dans la Marine, j’ai participé à de nombreuses et valides missions. J’ai patrouillé au large de la Yougoslavie pendant la guerre civile, j’ai combattu le terrorisme dans le golfe Arabo-persique à la suite des attentats du 11 septembre 2001 et j’ai navigué avec l’OTAN à maintes reprises dans le cadre d’opérations de sécurité maritime. Aucune de ces missions ne m’a donné la sensation du devoir accompli que j’ai ressentie en voyant l’Abdul Rahman passer le bout de la jetée à Mogadiscio et en sachant que la nourriture dans ses soutes allaient bientôt être déchargée. Mon dernier échange avec son capitaine était peut-être un signe du bon travail accompli : « Capitaine, que Dieu vous accompagne lors de vos voyages. » « Merci, Abdul Rahman. Que Dieu soit également avec vous pendant votre séjour à Mogadiscio. »

Les membres de la compagnie du Ville de Québec continueront leur travail avec persévérance, sachant qu’ils font quelque chose de bien et de spécial qui fait une différence, et dont tous les Canadiens peuvent être fiers.

Le Capf Chris Dickinson est le commandant de la frégate NCSM Ville de Québec.