Par le Capitaine Mike McBride, Équipe de liaison et de mentorat opérationnel
Le chirurgien d’une brigade de l’ANA supervise l’application du Tourniquet de Kandahar au cours d’une classe de secourisme opérationnel.
Le chirurgien de la 1re Brigade Majeed (au centre) regarde la caméra avec les médics de l’ELMO, le Sgt Marty Coté (à gauche) et le Capt Mike McBride.
Imaginez une compagnie d’infanterie démontée se déplaçant dans un village du district de Zharey. Notez que chaque fantassin, signaleur et médic transporte plus de 40 kg d’armes, de munitions, de radios, de dispositifs de vision de nuit et d’équipement protecteur personnel. Chaque soldat est formé pour fournir les soins tactiques de combat et est équipé de tourniquets, de bandages avancés et d’agents hémostatiques tel Quikclot. Ils peuvent aussi compter sur les services de techniciens médicaux compétents et d’adjoints au médecin appuyés par l’installation chirurgicale la plus compétente que le Service médical des Forces canadiennes a jamais déployé. C’est la réalité pour les soldats canadiens servant en Afghanistan de nos jours.
Maintenant, imaginez les soldats d’une nouvelle armée qui se retrouvent sur le même champ de bataille, armés d’un peu plus que leurs nouveaux fusils C-7 et du désir de rendre leur pays plus sécuritaire pour leurs familles. Ce sont les soldats de la 1re Brigade, 205e Corps, de l’Armée nationale afghane dont la formation est appuyée par l’Équipe de liaison et de mentorat opérationnel (ELMO) déployée par le Canada dans la province de Kandahar.
Trois soldats afghans ont récemment succombé à des blessures de combat parce que leurs camarades manquaient de la formation et de l’équipement requis pour contrôler une hémorragie mortelle. Suite à cet incident, le personnel médical de l’ELMO a pris des mesures pour réviser le programme de formation en secourisme de l’ANA. La priorité était d’améliorer les chances de survie des soldats pour des blessures sérieuses avec hémorragie massive. Ainsi, les médics de l’ELMO ont développé un plan complet pour promouvoir l’emploi des tourniquets dans la 1re Brigade.
Un tourniquet est un dispositif simple et facile à appliquer et il ne faut pas longtemps pour enseigner aux soldats la façon de l’employer efficacement. Après avoir révisé ce qui était disponible pour les forces de la coalition à Kandahar et consulté un technicien en matériaux et un arrimeur de parachutes, les médics de l’ELMO ont décidé de concevoir un tourniquet simple que les manufacturiers locaux pourront produire à partir de matériaux facilement disponibles, fournissant incidemment de l’emploi aux femmes dans la province de Kandahar.
Le résultat est le Tourniquet de Kandahar : une longueur de ruban de nylon avec deux boucles cousues. Mettez-le autour du membre, au-dessus de la blessure, insérez une section d’une tige de nettoyage de fusil C-7 dans les boucles et tournez …
Les premiers 100 tourniquets ont été introduits dans le programme de formation en secourisme complété par le prochain Kandak d’infanterie préparé pour déploiement. À la mi-juillet, les manufacturiers avaient produit 5 000 tourniquets avec des feuillets et posters informatifs complets et 1 800 tourniquets ont été émis aux unités de l’ANA et de la Police nationale afghane avec des mentors canadiens. D’ici le début de septembre, 85 pour-cent des récipiendaires ciblés — la 1re Brigade depuis les officiers et les sous-officiers — devraient avoir reçu un Tourniquet de Kandahar à mesure qu’ils participent à leurs cours de recyclage opérationnel en secourisme.
De plus, 1 800 tourniquets ont été livrés à la 3e Brigade, 205e Corps, où les mentors sont britanniques, et plus de 2 000 autres sont commandés avec financement du Commandement régional (Sud) de la FIAS. L’équipe de mentorat du Centre des leçons retenues du Commandement de l’instruction de l’ANA a des plans pour étendre le projet de tourniquets à toute l’Armée nationale afghane.
Le programme de formation opérationnelle en secourisme révisé comprend désormais la gestion de la scène d’un incident, l’établissement d’un point de collecte des blessés, le triage des blessés et la sélection et la sécurité des sites d’atterrissages d’hélicoptères.
Les médics de l’ELMO estiment que ce projet pourrait faire encore plus que sauver la vie de soldats afghans sur le champ de bataille que tout autre article sur la longue liste de choses à faire de la FIAS.