Par Charmion Chaplin-Thomas, Affaires publiques du COMFEC
L’équipe du SMA(GI) observe un moment de silence pour le Sdt Colin William Wilmot avant la parade de départ pour les équipes de la Région de la capitale nationale participant aux Marches de Nijmegen 2008.
L’Adjum Tim Power, le Sergent-major de l’état-major de la Force terrestre, qui participe aux Marches de Nijmegen pour la neuvième fois.
Le Lieutenant-général (Retraité) Charles Belzile, qui a complété les Marches de Nijmegen en 1958 et 1959, s’adresse aux troupes lors de la parade de départ pour les équipes de cette année de la Région de la capitale nationale. Le Lgén Belzile est le président honoraire de la Légion royale canadienne qui commandite la visite des équipes à la Crète de Vimy, en route vers Nijmegen.
Le plus long voyage débute par un simple pas, dit-on, mais si vous vous rendez aux Marches de Nijmegen à titre de membre officiel du contingent des Forces canadiennes, vous marcherez au moins 500 km avant d’embarquer dans l’avion. C’est le minimum. Les marcheurs en font régulièrement beaucoup plus.
« Six-cent cinquante, presque 700 km » a déclaré le Lieutenant Jeremy Spilkin de l’état-major de la Force aérienne, calculant le total moyen des membres de l’équipe commanditée par le Groupe du matériel au QGDN.
Les marcheurs apprennent rapidement à prendre soin de leurs pieds en utilisant de la « moleskine », des sels d’Epsom, de confortables bottes en Gore-Tex (ils les achètent auprès de fournisseurs de la police), et des bas qui ne s’étirent pas, ni ne se froissent.
Le Colonel George Lackonick, le Colonel Commandant de la Branche des communications et de l’électronique, partage son rituel de soins des pieds. « Je fais tremper mes pieds puis j’ai un ensemble de rouleaux de bois que j’utiliser après la marche pour les masser, » dit-il. « Le matin, j’applique de la Vaseline à chaque orteil et à l’arche. Je porte un bas intérieur en soie et je mais un bon bas de marche par-dessus. Je n’ai jamais eu d’ampoule. » Il s’agit de sa neuvième participation à Nijmegen.
Un certain inconfort est inévitable cependant.
« Je ne crois pas que ça fasse une différence, quelles bottes vous portez : vous devez quand même marcher 40 clicks et vos pieds vont toujours faire mal, » a déclaré l’Adjudant Pauline Giese de la Direction des achats maritimes. « Et c’est pareil, peu importe les bas que vous portez : vos pieds vont toujours faire mal. »
Malgré les exigences physiques et les difficultés d’insérer suffisamment de temps d’entraînement dans les horaires de travail chargés, il y a une forte compétition pour chaque place dans les équipes de Nijmegen des FC. L’Adjudant-maître Tim Power de l’état-major de la Force terrestre, participant aussi à son neuvième voyage à Nijmegen, a vu des équipes dans la Région de la capitale nationale passer par toute la phase initiale d’entraînement avec plus de 25 personnes. Lorsque les chefs d’équipe ont comblé leurs 10 postes, un groupe de marcheurs surnuméraires – parfois plus de cinq – continuera de s’entraîner avec chaque équipe dans l’espoir d’une sélection de dernière minute si quelqu’un doit abandonner.
Pourquoi les gens se soumettent-ils à tout ceci? La grande majorité des marcheurs le font pour la camaraderie, pour le plaisir de rencontrer des gens auxquels ils ne parleraient jamais et pour réaliser un défi d’équipe.
Les Internationale Vierdaagse Afstandsmarsen Nijmegen (Marches internationales de quatre jours de Nijmegen ou Marches de Nijmegen) sont l’activité de marche de longue distance la plus importante au monde. Pendant quatre jours, les civils marchent 120 km (30 par jour) et les participants militaires font 160 km (40 par jour) s’ils transportent 10 kg de charge ou 200 km (50 par jour) s’ils marchent sans transporter de charge. Les routes sont traditionnelles et elles conduisent les marcheurs partout dans les campagnes entourant la ville hollandaise de Nijmegen.
Les “Vierdaagse” ont été développées à l’origine comme un exercice d’endurcissement pour l’infanterie hollandaise et une partie de son prestige considérable dérive de la participation militaire continue. L’implication civile a débuté en 1909 lorsque l’exercice militaire a captivé l’imagination de l’Association d’éducation physique des Pays-Bas, une entité dévouée à améliorer les programmes scolaires de condition physique. Cette année est la 92e édition des Marches de Nijmegen – elles ont été interrompues à deux reprises, en 1914–1915 et en 1940–1945 — et 44 033 participants de plus de 50 pays sont inscrits. Ils couvrent en âge de 12 à 90 ans. Certains des plus vieux participants ont marché plus de 60 fois.
Les marcheurs militaires sont habituellement organisés en équipes de 10 à 30 personnes. Le contingent des Forces canadiennes est constitué d’équipes de 11 marcheurs et de quelques marcheurs indépendants. Les équipes des FC marchent 160 km avec le sac alpin standard des FC chargé de 10 kg de sable.
Les équipes de Nijmegen sont formées dans les bases, escadres et garnisons au Canada et l’entraînement et le processus de sélection débutent en février. L’entraînement implique deux ou trois marches par semaine en équipe, plus des marches supplémentaires entreprises individuellement pour bâtir l’endurance et combler l’entraînement manquant. Certains marchent jusqu’à 800 km ou plus, emportant leurs bottes et sacs alpins lors de leurs déplacements d’affaires et en congé pour s’assurer de ne pas manquer un jour d’entraînement.
Les chefs d’équipe sont responsables de marquer les routes d’entraînement, en commençant à 10 ou 15 km et finalement des marches de 40 km aller-retour pour s’assurer que chacun peut accomplire toute la distance en transportant sa charge. À mesure que la date du départ approche, les marches d’entraînement sont plus courtes pour conserver l’endurance sans trop fatiguer les membres avant l’épreuve principale.
Les équipes gênèrent énormément de réactions positives pendant leurs déplacements sur les routes. « Il y a beaucoup d’encouragement, beaucoup de personnes qui klaxonnent » a déclaré le Soldat Emily Dufort du Centre des Services de santé d’Ottawa, qui marche avec l’équipe du SMA(Mat) pour sa deuxième participation à Nijmegen. « Il y a de petits enfants qui vous saluent. »
« Vous marchez et ils sont dans leurs cours et si vous vous montrez amical, ils vous disent ‘Bonjour’ » a déclaré l’Adj Giese. « Certaines personnes, je crois, sont un peu intimidées jusqu’à ce que vous leur parliez; et ensuite, ils sont très amicaux. »
Les équipes de Nijmegen sont difficiles à ne pas remarquer : non seulement elles sont habillées en DCAM et transportent de lourds sacs alpins, mais elles chantent souvent.
« Contrairement à la croyance populaire, chanter est ‘cool’ » déclare l’Adjum Power. « Chanter fait partie de toute l’expérience de Nijmegen. Les habitants locaux s’y attendent; c’est une tradition. »
Chanter est bien plus qu’une tradition cependant. « Pour certains, chanter est ce qui vous permet de vous rendre du point A au point B, » déclare l’Adjum Power. « Il est facile de partir le matin lorsque vous êtes tout excité, mais lorsque vous avez marché environ 20 km et qu’il fait chaud – et que vous n’avez pas encore complété la distance à parcourir pour le troisième jours – chanter vous aide à demeurer motivé. Ça démontre de l’esprit de corps; ça aide à garder le rythme, ça garde le moral élevé et les Hollandais s’attendent que nos soldats chantent. »
Les chansons favorites de l’Adjum Power sont un medley de chansons qui constituent la musique de parade du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, « Has Anyone Seen the Colonel? »
« Ce sont trois chansons qui ont un très bon rythme, elles sont très faciles à marcher et elles sont fortes et joyeuses et les gens peuvent embarquer. »