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En vol avec le détachement aérien

Par le Capitaine Peter Curtis

27 MAI 2008 — Par une magnifique journée méditerranéenne, trois vaisseaux canadiens filent à toute vapeur vers le Sud, les équipages impatients d’arriver dans la mer d’Oman et de commencer leur mission. Il ne reste que quelques jours, et nous travaillons dur pour effectuer toutes les préparations requises.

La mission d’aujourd’hui est typique pour le détachement aérien d’un vaisseau à cette étape du déploiement : une sortie combinant la livraison d’équipement et un examen rapproché d’un « vaisseau intéressant » (un navire lié au terrorisme) dans les parages.

L’équipage de bord se rend à l’hélicoptère CH 124 Sea King du vaisseau pour effectuer un contrôle.

L’équipage de bord se rend à l’hélicoptère CH 124 Sea King du vaisseau pour effectuer un contrôle.

Pour notre premier voyage, nous chargeons un moteur de rechange dans le Sea King. Ce moteur sera installé sur le NCSM Calgary pendant que nous revenons avec un autre moteur. Cette manœuvre peut ne sembler être qu’un échange inutile, mais elle est en fait typique dans le cadre des déplacements constants d’équipement et de personnel et des fréquentes modifications de calendriers qui permettent aux hélicoptères, aux équipages d’aéronefs et aux spécialistes de la maintenance du groupe opérationnel de demeurer à jour, qualifiés et compétents. Notre moteur de rechange a fonctionné moins longtemps que celui du Calgary et, en raison d’un problème de fonctionnement plus tôt ce mois-ci, le détachement de ce navire a volé moins longtemps que nous. L’objectif est de faire en sorte que l’équipage qui peut voler le plus longtemps dispose du moteur qui peut être utilisé le plus longtemps.

Le navire adopte brièvement un cap qui nous offre un vent approprié pour décoller. Une fois dans les airs, nous apercevons immédiatement notre pétrolier, le NCSM Protecteur , à dix milles marins. Le ciel est bleu et dégagé, mais le navire est pratiquement invisible en raison de la brume sèche qui monte de l’eau calme. Nous naviguons dans le brouillard de bas niveau à la recherche du Calgary et nous devons avoir recours à nos capteurs pour le trouver, à 20 milles nautiques.

C’est toujours bon d’atterrir sur un autre navire canadien : le pont d’envol nous est familier et nous pouvons visiter nos amis de la Force aérienne. Une fois l’atterrissage sur le pont du Calgary effectué et la connexion au système de communication interne établie, nous nous mettons à échanger des salutations, des nouvelles, des rumeurs et, dans ce cas précis, des moteurs. Nous sortons celui que nous leur laisserons par les portes de la soute du Sea King à l’aide d’un monte charge et de beaucoup de travail.

Après avoir tout bien fixé et débranché le fil de communication, nous partons avec le nouveau moteur, qui remplit pratiquement toute la soute. Nous débutons immédiatement notre prochaine mission et utilisons nos capteurs, les données fournies par le radar du navire et les renseignements à notre disposition pour trouver le vaisseau intéressant.

Juste avant de quitter le NCSM Iroquois , le Renseignement d’état-major nous a demandé d’effectuer un contrôle sur un porte-conteneurs de grande taille. En n’effectuant qu’un passage afin de ne pas éveiller les soupçons de la cible, nous trouvons le navire, nous confirmons qu’il s’agit bel et bien du vaisseau approprié et nous prenons quelques photos rapprochées. Nous n’apprenons jamais l’historique du navire ou la raison derrière notre mission, mais nous n’avons pas besoin de savoir. Nos photos seront envoyées à la section du renseignement de notre navire et nous n’en entendrons probablement plus jamais parler.

Pendant notre retour vers l’Iroquois, nous avons le temps de nous livrer à quelques exercices. Seul un entraînement régulier peut nous permettre de maintenir le haut degré de compétence que la Force aérienne exige, et nous n’en aurons pas le temps une fois dans la zone opérationnelle. Cela nous garde occupés pour la durée du vol.

Alors que nous nous approchons de l’ Iroquois, le navire change brièvement de cap pour nous permettre d’atterrir, puis reprend son chemin vers le Sud. À l’atterrissage, l’hélicoptère est automatiquement arrimé au navire et une agitation monstre règne sur le pont d’envol, avec le rugissement des moteurs et la rotation des hélices. En quinze minutes, nous avons changé d’équipage, fait le plein, déchargé le moteur de rechange, chargé le nouvel équipement et décollé.

Une fois le Sea King parti pour la prochaine mission, nous nous rendons à la salle de préparatifs pour faire notre rapport, satisfaits d’avoir contribué à la mission du groupe opérationnel. À notre grande surprise, nous découvrons que le détachement aérien du Calgary nous a laissé un petit cadeau avec le moteur : un portrait du puissant Sea King du détachement de l’Iroquois, indicatif d’appel « Arrow », affichant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel grâce à Photoshop. Nous serrons les dents : ils nous ont battus pour la première salve de la rivalité inter-navires.

Le Capt Peter Curtis est un pilote de CH 124 Sea King affecté au détachement aérien du NCSM Iroquois dans le cadre de l’opération Altair.