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Mes aventures en Afghanistan : Un monde d'hommes, pour le moment

Par le Ltv Hayley Mooney, Force opérationnelle interarmées – Pacifique
Photos : courtoisie de Ltv Hayley Mooney

Kaboul, Afghanistan; le 25 mai 2007 — Le Ltv Hayley Mooney et des villageois profitent de l’occasion pour prendre une photo dans une région rurale près de Kaboul.

Kaboul, Afghanistan; le 25 mai 2007 — Le Ltv Hayley Mooney et des villageois profitent de l’occasion pour prendre une photo dans une région rurale près de Kaboul.

Kaboul, Afghanistan; été 2007 — Dans l’aire de trafic de l’aéroport international de Kaboul, le Ltv Hayley Mooney observe des recrues embarquer un à la suite de l’autre dans un avion pour leur premier vol.

Kaboul, Afghanistan; été 2007 — Dans l’aire de trafic de l’aéroport international de Kaboul, le Ltv Hayley Mooney observe des recrues embarquer un à la suite de l’autre dans un avion pour leur premier vol.

« Salam alaikum, chetour esti? » Je prononce difficilement la salutation traditionnelle afghane. Ainsi commence une nouvelle réunion avec le Général Eqbal Ali, un responsable des ressources humaines de l’Armée nationale afghane (ANA). Après la salutation, je m’avance pour une poignée de main. Il prend délicatement ma main, sourit et m’invite d’un geste à prendre place dans son grand bureau bien meublé. Au cours des mois passés en Afghanistan, j’avais rapidement appris à qui donner une poignée de main, qui je devais saluer tout simplement en posant ma main sur ma poitrine et à ne pas m’offusquer lorsqu’un homme repoussait mes efforts pour être amicale. Je devais rencontrer de nombreux membres de l’ANA ainsi que des civils afghans dans le cadre de mon travail. Je commençais à comprendre la signification de ma présence parmi eux. J’aidais à ouvrir les yeux des hommes en Afghanistan sur la possibilité de voir les femmes sur un pied d’égalité.

Au moment de mon arrivée à Kaboul, les hommes de l’ANA étaient habitués de voir des femmes des différents pays de l’OTAN travailler au ministère de la Défense dans différents uniformes de camouflage. Les femmes qui m’ont précédée ont préparé le terrain afin que je puisse entrer dans un bureau, participer à une réunion et mettre en place un plan d’activités et des délais tandis que des hommes du pays m’écoutent attentivement par le truchement de leur interprète et contestent les points avec lesquels ils sont en désaccord. Ne vous faites pas d’illusion, cependant, nous ne sommes pas au Canada. Le Général Eqbal Ali était reconnu pour interrompre une réunion importante afin de me demander si je mangeais à ma faim et de me dire que mon mari apprécierait que je prenne un peu de poids. Certaines personnes me regardaient encore par‑dessus leur épaule lorsque je les croisais. Je suis aussi l’étoile d’une bonne douzaine de photos avec des militaires de l’ANA, du soldat au général, qui voulaient montrer à leurs amis les femmes militaires étrangères qui ne portent pas de voile et qui ne semblent pas avoir honte de donner des ordres aux hommes.

Il s’agissait d’une tout autre histoire à l’extérieur de Kaboul. Je devais me déplacer dans d’autres provinces d’Afghanistan dans le cadre de mon travail et m’arrêter dans les bureaux de recrutement de certaines villes en cours de route. Ma présence dans ces lieux a eu un impact plus important. À Kaboul, les hommes m’épiaient du coin de l’œil tandis qu’ici, on me dévisageait ouvertement. Dans une des bases d’entraînement du Nord que je visitais avec des femmes de ma section, j’ai pris plaisir à voir un peloton de recrues marchant au pas perdre toute cadence afin de voir les femmes en uniforme. Il s’agissait d’hommes recrutés dans des villages qui ne sont encore aujourd’hui accessibles qu’à dos d’âne. À ma grande surprise, ils ont trouvé le moyen de sortir de leur robes usées et de leur turban des téléphones cellulaires avec caméra numérique afin d’avoir la preuve de l’existence de ces étranges femmes en uniforme sûres d’elles-mêmes.

Mes amies et moi nous disions à la blague qu’à notre retour dans nos villes natales, nous nous sentirions négligées, car nous nous étions habituées à profiter d’une attention digne des top modèles dans certaines régions reculées du pays. Blagues à part, je crois que l’attention que nous avons soulevée a eu un impact positif. Des femmes compétentes en uniformes collaborant avec les hommes. Nos pays nous ont jugées dignes des tâches que nous effectuions et aptes à travailler indépendamment; une preuve de confiance envers nos capacités à effectuer nos tâches. À Kaboul, nous étions déjà bien implantées. Les hommes étaient habitués à collaborer et à discuter avec nous. Dans les provinces, une sensibilisation à notre présence s’était amorcée. Ouvrir les esprits à de nouvelles possibilités pour les femmes, qui sait. Selon moi, il s’agissait d’une importante prime à ma mission. J’effectuais non seulement un travail que je considère important pour le développement, mais je jouais un petit rôle de pionnière en matière d’égalité chez la femme dans un pays qui n’en a vu que très peu au cours des dernières années.

Le Ltv Hayley Mooney est un ingénieure en mécanique navale qui a travaillé à Kaboul d’avril à septembre 2007 au sein du Commandement de la transition conjointe de la sécurité en Afghanistan (site uniquement en anglais).