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Un pont vers un avenir prometteur

Par le Capitaine Fraser Clark

Le maire Hameedi (Kandahar), le Capitaine Tylere Couture (officier COCIM, roto 5), l’entrepreneur Hajji Mukhter et Ahmand Wali Achakzai, membre du Conseil provincial, président la cérémonie d’inauguration du pont de Saddaqat, qui s’est déroulée à Kandahar, le dimanche 2 mars 2008.

Le maire Hameedi (Kandahar), le Capitaine Tylere Couture (officier COCIM, roto 5), l’entrepreneur Hajji Mukhter et Ahmand Wali Achakzai, membre du Conseil provincial, président la cérémonie d’inauguration du pont de Saddaqat, qui s’est déroulée à Kandahar, le dimanche 2 mars 2008.

Le pont de Saddaqat après la cérémonie d’inauguration qui a eu lieu le dimanche 2 mars 2008. Ce pont laisse présager un grand essor économique pour les villageois qui jouissent maintenant d’un accès direct aux marchés de la ville. Grâce au nouveau pont, leur dur trajet à destination de Kandahar sera raccourci de cinq kilomètres.

Le pont de Saddaqat après la cérémonie d’inauguration qui a eu lieu le dimanche 2 mars 2008. Ce pont laisse présager un grand essor économique pour les villageois qui jouissent maintenant d’un accès direct aux marchés de la ville. Grâce au nouveau pont, leur dur trajet à destination de Kandahar sera raccourci de cinq kilomètres.

Le plaque du pont de Saddaqat, érigé par les citoyens de Kandahar, reconnaît les efforts déployés conjointement par les Afghans et les Canadiens.

Je n’avais jamais imaginé voir autant de visages souriants. Les petits enfants se serrant contre leurs parents alignés le long des chemins de terre, saluant de la main le passage de notre convoi faisant route vers le village de Saddaqat, en banlieue nord de Kandahar. Nous venions assister à l’inauguration officielle d’un nouveau pont conçu par des ingénieurs militaires canadiens et construit par des Afghans de la région. Ce pont, comme plusieurs autres que l’on retrouve à divers endroits dans le Sud de l’Afghanistan, constitue une preuve irréfutable que les Canadiens laissent les Afghans reprendre en main les affaires de leur pays et assurer eux-mêmes leur avenir.

Saddaqat présente toutes les caractéristiques d’un village du Tiers-Monde : les canalisations d’égout à ciel ouvert longent les routes où les enfants (dont bon nombre sont pieds nus) s’amusent en toute insouciance dans les tas de déchets qui jonchent le sol. Le relent des égouts vient compléter le tableau. Ces âcres effluves me rappellent le vieux métro de New York – pas particulièrement agréable, mais une réalité de la vie. Le village est loin de ressembler aux agglomérations modernes auxquelles, nous Occidentaux, sommes habitués. S’il n’y avait pas ça et là des personnes arborant des articles de sport de marque connue, il serait facile de croire que l’on a reculé dans le temps. 

La collectivité accueille avec joie ce nouveau pont. Le développement économique a mis du temps à atteindre le district. Saddaqat est divisée en deux par la Vallée des eaux bouillonnantes – la rivière Mian-Kuh-Mandah. Pendant la saison des pluies, la rivière sort de son lit et inonde certaines parties du village, obligeant ainsi les habitants à parcourir cinq kilomètres de plus – généralement à pied – pour se rendre au marché, à l’école ou au travail. La crue des eaux a également empêché ceux qui étaient intéressés à développer le potentiel économique de la région et à en exploiter les capacités. C’est pourquoi les résidents ont construit une traverse de fortune utilisable quand le niveau de l’eau est bas. La plupart du temps, il était impossible d’y passer à bord d’un véhicule et les résidents de Saddaqat devaient donc se résoudre à parcourir les kilomètres supplémentaires pour se rendre en ville.

C’est ainsi que le chef du district local, Mohammad Gul Agha, a décidé de faire confiance à un système de gouvernance dont il n’était pas trop certain et que ses électeurs considéraient comme peu réceptif à leurs besoins. Il a contacté l’Équipe de reconstruction de la province de Kandahar (ERPK) pour demander qu’un pont soit érigé en vue de favoriser l’essor économique de la région et d’alléger le fardeau quotidien des habitants.  

Assurant la liaison avec Monsieur Agha, l’ERPK s’est mise à l’œuvre.

Avec sa modestie habituelle, le Capitaine Marc Comeau, officier supérieur de la conception au sein de l’équipe de génie de l’ERPK, a dessiné le pont selon les normes canadiennes. Pendant la construction du pont, le Capt Comeau a encadré discrètement et délibérément ses homologues afghans de sorte que ces derniers puissent se débrouiller seuls quand il quittera l’Asie centrale.

La construction a débuté seulement deux mois auparavant. Dans le temps qu’il faut pour le dire, les résidents de Saddaqat disposaient d’un pont qui devrait également être utile à 33 000 autres habitants des environs.

Alors que nous nous apprêtions à couper le ruban dans le cadre de la cérémonie d’inauguration, une petite plaque fixée sur un côté du pont a attiré mon regard. Les citoyens de Saddaqat se sont fait un devoir de reconnaître les efforts déployés par leurs compatriotes avec le concours des Canadiens. Témoignant du véritable esprit de compréhension mutuelle qui découle de la satisfaction partagée du travail accompli, les habitants de Saddaqat ont écrit : PONT DE SADDAQAT :  Érigé pour les habitants de Kandahar, par des habitants de Kandahar; construit par la société Nisay, avec l’appui de l’ERPK, février 2008.

À mon tour de sourire maintenant.